
une première position considère que le dernier repas de Jésus est une Pâque anticipée, mais incomplète, sans agneau pascal (il devait être immolé au temple). Un repas qui a un " caractère pascal " très marqué, dans une " ambiance pascale ", mais sans agneau, et anticipé de 24h. C'est la " Pâque de Jésus ", à laquelle il donne un sens nouveau en instituant la Cène.
Une seconde position relève qu'il existait au temps de Jésus des divergences sur la question du calendrier des fêtes. Il est possible que Jésus se soit servi, cette année-là, d'une telle divergence, pour suivre un calendrier " non officiel " lui permettant de célébrer la Pâque avant sa mort - mais aussi 24h avant les chefs religieux. D'ou l'atmosphère de secret de la préparation. Dans ce cas, il s'agit d'un véritable repas pascal. A noter : il s'agit là d'une difficulté exégétique. Elle ne remet pas en cause le caractère pascal du repas au cours duquel Jésus institue la Cène.
HORS D'OEUVRE, souvent dans une antichambre, pour apaiser la faim. Une première coupe est servie. Une formule de bénédiction est prononcée avant qu'elle ne soit distribuée : cette coupe ouvrait la fête, la " sanctifiait " (coupe de Qiddouch ) .
RECIT DE LA PAQUE (haggadah) par le père de famille. Le repas est sur la table. Une deuxième coupe est servie, mais on ne boit pas. Le récit de la délivrance d'Egypte est raconté. Il donne l'explication du pain azyme, des herbes amères. Les enfants posent des questions. On chante la première partie du Hallel (Ps 113). Puis on boit la deuxième coupe (coupe de Haggadah).
REPAS DE PAQUE : Il est servi dans un plat central, dans lequel chacun se sert. Le pain azyme fait fonction de cuiller. Le repas commence par la bénédiction du pain azyme par le président : puis il distribue à chacun un morceau du pain qu'il tient dans sa main gauche, et dont il détache des morceaux de sa main droite ; une fois la distribution terminée, tous mangent le pain qu'ils ont reçu. On mange ensuite l'agneau, les herbes, le pain azyme ; on boit du vin . A la fin du repas, une action de grâce est prononcée sur une troisième coupe (la " coupe de bénédiction "), avant qu'elle ne soit elle aussi distribuée.
LOUANGE : une quatrième coupe est versée. On chante la deuxième partie du Hallel (Ps 114-118). C'est ainsi que se termine le repas.
Le traité juif de la Mishna sur la Pâque ne précise pas cette question. Il parle de la bénédiction de la coupe, mais il n'apporte pas de précision sur sa distribution.
Un texte du 2e S. ap JC, exprime l'aversion pour la coupe commune considérée comme non hygiénique. Qu'il y ait ces débats atteste que la " coupe partage " pouvait signifier coupe à laquelle chacun trempait ses lèvres.
la présence de deux coupes dans le récit de Luc (22 :17,20) Il est naturel de voir dans la coupe du v.17 l'une des deux premières coupes du rituel pascal. La première semble bien correspondre à l'aspect " introductif " des paroles de Jésus
la présence de vin : les repas ordinaires n'en avaient pas. Le vin est le signe d'un repas de fête.
les gestes sur le pain et sur le vin correspondent aux gestes qui ouvrent et concluent le repas pascal proprement dit (partie 3 du descriptif). On remarquera que le NT garde même le souvenir du nom de la 3e coupe : la " coupe de bénédiction " (1 Co 10 :16)
Marc souligne, à la fin du repas, le " chant des cantiques " (14 :26)
Lc 22 :17 (à propos de la première coupe) : " ayant pris une coupe, ayant rendu grâce, il dit : " Prenez la (litt " celle-ci ") et partagez entre vous " (1ère coupe)
Mc 14 :23 : " il la leur donna " - " et ils en burent tous " (" en " signifie " de son contenu ")
Mt 26 :27 : il la leur donna... en disant : " Buvez-en tous "
une première piste part de la distinction entre le pain, qui est " rompu " et la coupe qui est " distribuée ". Le pain rompu rappelle que Jésus se donne, personnellement, à chacun. La coupe, distribuée, tient, et garde sa consistance, tout comme l'alliance " tient ", a une consistance, est le cadre dans lequel nous recevons sans cesse la grâce de Dieu.
une deuxième piste part de la symbolique biblique de la coupe. Dans la symbolique biblique, la " coupe " est la part, bonne ou exigeante, que Dieu nous réserve. La coupe rappelle ce que Jésus a enduré pour nous, le sort auquel il a consenti. " Ne boirai-je pas la coupe que le Père me donne ? " (Jn 18 :11). On la retrouve dans la prière de Gethsémané (" Si tu pouvais éloigner de moi cette coupe "). La coupe visualisée, qui circule, rappelle que Jésus a bu jusqu'à la lie cette coupe, qui pour nous est celle du salut et de la délivrance. Et la question de Jésus à ses disciples demeure : " Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ?" (Mt 20 :22-23). Dans cette optique, la Cène rappelle le chemin unique enduré par notre Sauveur, tout en soulignant ce que veut dire être un disciple.
à propos du baptême, nous le voyons pratiqué dans le Jourdain, en eau courante, puis en piscine (Ac 2), la Didaché préconise l'eau courante et fraîche... avec ou sans imposition des mains (Ac 19 ; 22.13).
Pour la Cène, la Pâques juive devait être prise avec des pains azymes, et debout. Jésus et les premiers Chrétiens la prennent couchés à la romaine sur des canapés.
Quels repères donner pour aborder la question d'une coupe unique ou de verres individuels dans la pratique de la Cène ?
Du point de vue relationnel et fraternel, les lignes de conduite et d'attitude sont claires : il s'agira de nous " efforcer de conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix " (Ep 4 :3). Ceci d'autant plus que la Cène nous rappelle que nous sommes un seul corps, par notre union au Christ.
D'un point de vue biblique et historique, l'enquête doit être menée aussi loin que possible dans les texte, Eclairés par ce que nous connaissons de leur contexte. Enquête prudente, cependant, comme à chaque fois que l'on pose une question qui n'est pas la préoccupation des textes bibliques eux-mêmes. Il faudra respecter ce qui est dit, ce qui reste ouvert ; ce que l'on peut savoir, ce qu'il est difficile de déterminer.
Mais comment faire le passage vers notre pratique ? La réflexion, ici, doit être poursuivie au niveau théologique. Elle concerne la Cène en tant que " signe " institué par Jésus. D'où la question, plus large : " Disposons-nous de la forme des sacrements ? ", traitée dans l'intervention suivante.
1. La nature du dernier repas de Jésus
Les récits des trois premiers Evangiles introduisent nettement le dernier repas de Jésus comme un repas de Pâque. Les disciples " préparent la Pâque " (Mc 14 :16, Mt 26 :27 ; Lc 22 :14). Lorsqu'arrive " le soir " (Mc 14 :17 ; Mt 26 :20), ou " l'heure " (Lc 22 :14), Jésus se met à table avec les douze. (Lc, Mt).
Le récit de Luc insiste sur le trait, en insérant une parole de Jésus qui donne la tonalité du repas : " J'ai vivement désiré manger cette Pâque (ce repas pascal) avec vous avant de souffrir, car, je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. " (Lc 22 :15)
Il faut signaler ici une difficulté : la chronologie de Jean est décalée de 24h par rapport à celle des trois premiers Evangiles. Au petit matin qui suit le repas de Jésus et de ses disciples, les chefs des Juifs ne veulent pas entrer chez Pilate " pour ne pas se souiller, afin de pouvoir manger la Pâque " (Jn 18 :28). Et lorsque Jésus est livré pour être crucifié, c'est " la Préparation de la Pâque " (Jn 19 :14).
Les exégètes Evangéliques résolvent cette difficulté de deux manières principales :
2. Le repas de Pâque au temps de Jésus
C'était un repas de commémoration et d'espérance : on rappelait l'esclavage d'Egypte, la délivrance opérée par Dieu. Mais l'espérance de la délivrance prochaine, que l'on attendait de Dieu, revêtait une ferveur toute particulière en cette nuit de Pâque.
C'était un repas chargé de signes et de sens : plusieurs composants du repas avaient un sens particulier, en référence avec le souvenir de la Pâque. On mangeait des herbes amères pour rappeler l'amertume de l'esclavage en Egypte ; du pain sans levain, comme lors de la sortie d'Egypte (pain de misère préparé à la hâte) ; l'agneau pascal rappelait aussi l'évènement. Par ces actes chargés de sens, on revivait la délivrance, on en faisait mémoire. On n'oubliait pas que l'on était après l'évènement, et libres de l'esclavage : certains, au temps de Jésus, la mangeaient " couchés ", en signe de liberté. Mais le repas de Pâque permettait de rappeler l'évènement et sa portée d'une manière très engagée, par le corps et la pensée.
Le déroulement de ce repas était très codifié : il était ponctué par quatre coupes, à quatre moments du repas.
3. Eclairages sur la Cène
Plusieurs aspects des Ecrits de l'institution s'éclairent à la lumière de ce contexte :
Les gestes de Jésus, ses paroles explicatives s'insèrent donc dans le cadre de ce qui existait déjà. Jésus dit sa mort en relation avec le sens profond de la Pâque, qu'il accomplit. Il donne sa vie " en rançon pour la multitude " (Mc 10 :45), pour accomplir la libération qu'annonçait la Pâque.
En même temps, les récits de l'institution sont sélectifs : ils ne retiennent que les éléments auxquels Jésus a donné un sens nouveau (ils ne parlent pas des herbes amères, des quatre coupes, de l'agneau). Ils ne sont pas une description de la Pâque, mais de la Cène instituée lors de la Pâque.
Cette sélectivité doit être relevée : les récits ne nous disent pas " tout " ce qui s'est déroulé. Ils nous disent ce qui est signifiant pour nous. Nous ne réussirons pas forcément à reconstituer tous les détails des faits et gestes de Jésus.
4. La distribution de la coupe
Comment se déroulait le service des différentes coupes lors du repas pascal ? Etait-ce une coupe unique, donnée au chef de famille, et passée à chaque convive ? ou chaque convive avait-il sa coupe individuelle ?
Les textes que nous possédons décrivent avec précision la distribution du pain, au début du repas : le chef de famille prenait un pain azyme dans sa main gauche, détachait de la main droite un morceau qu'il donnait personnellement à chaque convive personnellement ; la distribution terminée, tous mangeaient le pain au même moment . Qu'en est-il de la coupe ?
Il est certain qu'une coupe particulière était présentée au chef de famille. C'est sur cette coupe qu'il disait la bénédiction : " On a mélangé pour lui la troisième coupe. Il prononce maintenant les grâces. " On a un texte semblable pour les autres coupes qui rythment le repas.
Il semble très probable que chaque convive ait eu, aussi, un récipient personnel où il pouvait boire (timbale personnelle). Au cours du repas, en effet, on buvait du vin indépendamment des coupes qui rythmaient la liturgie pascale. Il devait donc y avoir des récipients individuels.
Dans l'Eglise primitive il en allait de même : la Cène était prise dans le cadre d'un repas fraternel, le " repas du Seigneur " (1 Co 11 :20 ; 11 :33). Le repas fraternel (agape) précédait le partage du pain et de la coupe en mémoire du Christ. Or, pendant le repas, on buvait (malheureusement, trop, à Corinthes !). Il y avait donc des récipients individuels disponibles.
Peut-on reconstituer plus précisément le mode de distribution ? Deux modèles peuvent être envisagés, et sont à discuter en fonction des lumières que nous possédons.
le modèle de la " coupe-signal "
Dans ce modèle, le chef de famille a devant lui la coupe qu'on lui a préparée et apportée. Les convives ont, eux aussi leur coupe devant eux. Le chef de famille rend grâce à Dieu, et boit à sa propre coupe. C'est le signal qui permet aux autres convives de boire à leur propre coupe.
C'est ce qui se passait lors des repas de fête juifs. Un témoignage atteste qu'il en était bien ainsi : le chef de famille pouvait " envoyer " sa propre coupe à une personne qu'il voulait honorer ; c'était alors lui faire un honneur spécial. Cette pratique montre bien que la coupe n'était pas distribuée entre tous.
Bien que ce modèle ait existé, tous les exégètes s'accordent pour dire que ce n'est pas cela qui s'est passé lors de l'institution de la Cène. La raison ? Les textes bibliques eux-mêmes. Car ils insistent sur le fait que la coupe de Jésus a circulé et a été distribuée.
le modèle de la coupe " partage "
C'est donc vers un second modèle que nous sommes orientés : la coupe " partage ". Jésus a fait passer sa coupe à tous les participants du repas. C'est de cette coupe qu'ils ont tous bu. Comment l'ont-ils fait ? ont-il versé de la coupe de Jésus dans leur propre timbale ? ont-ils porté à leurs lèvres la coupe qui passait ? Nous ne le savons pas : les récits insistent sur la dimension de partage réalisée par la coupe de Jésus qui circule et à laquelle, d'une manière ou d'une autre, les disciples prennent part.
Les indications sur les gestes de Jésus sont très précises.
Le fait que la coupe de Jésus a circulé parmi ses disciples est reconnu par tous les spécialistes. Pour certains, c'est la preuve que le dernier repas était un repas de Pâque. Pour d'autres, qui ne reconnaissent pas le caractère pascal du repas, c'est au contraire le signe que Jésus a innové, par rapport aux repas de fête habituels.
Peut-on aller plus loin dans la détermination historique ? C'est difficile :
5. Le sens d'une coupe-partage
Il reste à donner sens à cette dimension de " coupe-partage ".
1. le vocabulaire
D'abord, il faut préciser le vocabulaire. " Buvez-EN tous " signifie " buvez tous de son contenu ". Ce n'est pas " buvez-Y tous ", comme si le seul fait de boire à la même coupe était décisif. L'accent de Jésus porte sur la coupe et ce qu'elle contient. C'est d'ailleurs sur le contenu que porte ensuite la parole de Jésus : " Car ceci est mon sang, [le sang] de l'alliance, qui est répandu pour la multitude... "
Il est très important de noter cette priorité : la coupe qui circule est un signe de partage et d'unité. Mais Jésus tient à rappeler le fondement de ce partage et de cette unité : c'est en sa mort pour nous, dans le sacrifice où il endosse le châtiment qui nous donne la paix (c'est ce que signifie le " sang versé " pour nous). Boire à la même coupe n'est pas l'élément décisif : c'est discerner et faire sien le sens profond de sa mort pour nous, de son sang versé qui scelle une alliance nouvelle.
C'est vers cette priorité que nous oriente l'expression : " ils en burent tous ". Voilà pourquoi il n'est pas dit : " ils y burent tous ". Cela aurait pu suggérer la possibilité d'une participation superficielle, dans le simple geste, sans discerner le sens profond.
2. le geste
Ceci dit, la coupe donnée par Jésus a circulé. Ils ont tous bu de son contenu, soit directement, soit en versant de son contenu dans leur propre timbale.
On relèvera ici que les récits de l'institution de la Cène évoquent l'alliance et la coupe de deux façons différentes. Marc et Matthieu partent du contenu de la coupe pour dire ce qui fonde l'alliance (" Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour beaucoup "). Luc et Paul partent du contenant, de la coupe qui circule, pour évoquer le sang et l'alliance : " Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang [Lc : qui est répandu pour vous] ". Cela invite à s'interroger sur la symbolique éventuelle d'une coupe qui circule, donnée par Jésus à ses disciples.
Deux pistes peuvent donner valeur ý cette circulation de la coupe :
Si l'on accorde, selon ces lignes, une signification particulière à la circulation de la coupe, il pourra être utile de vouloir la conserver, même si l'on adopte aussi les verres individuels. Autrement, c'est par la parole qu'il faudra restituer la situation initiale, au travers du récit d'institution.
Mais que l'on ne s'étonne pas ne pas pouvoir reproduire à l'identique tous les gestes de Jésus : le cadre du culte, où nous sommes appelés à " faire mémoire " de lui, est bien différent de celui du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Le travail historique doit donc être prolongé, et enrichi : par une réflexion théologique, par un travail liturgique...
Thierry Huser
La forme des sacrements
La sagesse d'en haut est d'abord pure ; ensuite pacifique, conciliante, docile, pleine de miséricorde et de bons fruits, impartiaux, sincères : le fruit de justice se sème dans la paix pour les artisans de paix. (Jacques 3.17)
Que faut-il entendre par " sacrement " ?
Le mot " sacrement ", généralement utilisé pour désigner le baptême et la cène, n'insinue aucun sacramentalisme. Il est plutôt pris dans le sens le plus anciennement attesté, longtemps oublié de serment d'allégeance, d'engagement personnel sacré.
La question qui nous préoccupe
Dans l'administration ou la célébration des sacrements, qu'en est-il des pratiques corporelles, avec les choses et gestes visibles qui les accompagnent, les paroles audibles qui sont dites ?
Quelle liberté avons-nous à l'égard de cette forme ?
I. L'Eglise peut décider de la forme comme il lui semble bon
Les catholiques en général, et beaucoup de luthériens ou de réformés plus modérément, affirment que l'Eglise a pour ainsi dire carte blanche pour ce qui est de la forme des sacrements. Cela dit, si l'Eglise a les pleins pouvoirs, les fidèles eux restent sous son autorité.
1. On note dès les premiers siècles une surcharge dans le rituel baptismal : triple immersion, une ou deux onctions, et plus tard, l'Occident opte pour l'aspersion (Calvin). Dès le IIIe siècle, le baptême est administré aux nourrissons, bien qu'aujourd'hui de nombreux catholiques soient prêts à reconnaître que cette pratique n'était pas apostolique.
Pour la Cène aussi, on la sépare très tôt du repas fraternel (1 Co 11), et plus tard elle n'est plus distribuée que sous une seule espèce.
2. Cette approche est liée à une conception élevée de l'Eglise institution, position qu'elle n'occupe pas dans le Nouveau Testament ; c'est le concept " d'Eglise Mère et Maîtresse " (Jean XXIII) au lieu de la " petite fiancée " occupée à éliminer les taches pour être belle au retour du fiancé, selon les instructions qu'il a laissées... Nous ne sommes que disciples.
II. Nous devons reproduire strictement la forme originelle
Il s'agit de la position juste opposée à la première. Cette position peut s'allier à un littéralisme un peu bête et à un légalisme sournois, mais pas nécessairement : cette position peut aussi être le témoignage d'un humble désir de faire la seule volonté du Maître et d'une prise de précaution.
Mais :
1. Il ne semble pas que la pratique ait été uniforme dans le Nouveau Testament :
2. Il y a eu très tôt des adaptations, dans la continuité de la direction apostolique ; l'infusion sera pratiquée si le baptisé est malade ou s'il n'y a pas assez d'eau pour un baptême par immersion, la cène sera prise le matin, seul moment libre pour les chrétiens esclaves travaillant le soir chez leur maître, on coupe le vin d'eau...
Le NT ne se soucie guère des détails de la forme, ou de qui préside à l'administration ou à la célébration (1 Pi 3.21).
III. Le sens du signe doit clairement s'exprimer
En l'absence d'indications expresses, il faut user de sagesse, selon ce que sont les sacrements. Ils sont des signes symboliques par lesquels nous confessons notre foi, ce qui nous engage publiquement. Les gestes sont un langage qui doit être adéquat.
1. Il faut préserver les signes symboliques nécessaires au sens que nous avons à exprimer : l'engagement de foi ne nécessite pas forcément tout un repas ; le pain et le vin symbolisent la nourriture de base pour soutenir la vie et leur séparation symbolique dans la mort.
2. D'autres signes paraissent indifférents, c'est le cas de l'eau courante ou non pour le baptême, de la formule baptismale trinitaire ou au nom de Jésus, du pasteur ou de quelqu'un d'autre qui préside (pour peu que cela ne se passe pas dans le désordre), pain ordinaire, vin coupé d'eau, autre heure dans la journée, séparation d'avec le repas... pourvu que l'on se rappelle du sens du signe.
3. Reste à s'interroger ou se situe la limite : qu'en est-il du baptême de croyant par aspersion ? Qu'en est-il de la validité du vin, du jus de raisin, de la bière et du riz, là où le pain et le vin n'existent pas...
Il faut user de sagesse, de cette sagesse d'en-haut qui est pure, pacifique, conciliante...
Henri Blocher
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